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SOUVENIRS D’UN DEMI-SIECLE TOME I ANNOTE



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Sinopse

Extrait : DE la révolution de Juillet, je ne me rappelle rien qu’un grand brouhaha ; j’avais huit ans, et ce n’est pas à cet âge que l’on peut faire des observations judicieuses. Je sais qu’il y eut de l’élan, surtout lorsque l’on s’aperçut que le pouvoir engageait la bataille sans y être préparé, et que la royauté se compromettait dans une lutte dont elle avait négligé de s’assurer le résultat. Une hallucination du prince de Polignac précipita un conflit qui devait primitivement être retardé jusqu’au retour du maréchal de Bourmont, chef de l’armée victorieuse à Alger. On a raconté cette apparition de la Vierge, la foi du ministre, l’exaltation du vieux roi, la croyance à un miracle en faveur du « fils aîné de l’Église » et la chute où l’on fut entraîné ; il n’y a donc plus à y revenir. Dès que la victoire populaire ne fut plus douteuse, un débordement de calomnies et d’injures se répandit sur Charles X, sur les ministres, sur le maréchal de Marmont, duc de Raguse, deux fois haï, pour son rôle en 1814, pour sa conduite pendant les journées de Juillet, sur la cour, sur le clergé, sur tout ce qui avait essayé de soutenir le trône des Bourbons. Après chaque révolution, il en est ainsi : Dieu sait ce que j’ai entendu après le 24 février, après le 4 septembre ; Dieu sait ce que j’entendrai peut-être encore. Chateaubriand a dit : « On ne saurait avoir trop de mépris pour l’opinion des hommes. » Un journal que j’ai retrouvé dans mes paperasses me permet de faire comprendre, par un seul exemple, dans quelles vilenies se plaisent les Basiles de toute opinion. Se souvient-on que, pendant les deux dernières années de la Restauration, quelques provinces de France, notamment la Normandie et la Picardie, furent désolées par des incendiaires ? Des maisons isolées, surtout des maisons couvertes en chaume, des meules de céréales étaient brûlées. L’opinion publique s’inquiétait, et plusieurs fois, du haut de la tribune parlementaire, des députés vitupérèrent les ministres, qui ne savaient que répondre. Bien longtemps après la révolution de Juillet, j’ai entendu raconter que ces incendies, qui ne s’attaquaient jamais qu’à des immeubles de valeur insignifiante, étaient une manœuvre de propagande pour engager les paysans, rétifs au progrès, à payer patente aux compagnies d’assurances que la Restauration avait vues naître et se multiplier. Le moyen est excessif, j’en conviens, et ce propos est peut-être calomnieux ; mais la qualité du personnage qui me l’a rapporté lui donne, pour moi, une sérieuse consistance. Quoi qu’il en soit, au moment où la commotion de Juillet éclata, il n’était bruit que de ces incendies et des recherches vaines pour en découvrir les auteurs. Dès le 29 juillet, de nouveaux journaux paraissent, feuilles volantes, imprimées d’un seul côté, criées dans les rues, vendues pour un sou, colportées dans les cafés, chez les marchands de vins, jusque sur les barricades. La France Nouvelle, Nouveau Journal de Paris, est un des premiers qui sort des pavés ; il n’est pas encore très rassuré et garde quelque prudence, car il ne fait connaître ni l’adresse de ses bureaux, ni le nom de son imprimeur ; en revanche, il publie textuellement ceci : « On donne pour certain que ce qui a déterminé la publication des ordonnances illégales est la découverte authentique des organisateurs des incendies dont on a voulu empêcher de publier les noms. » Puis il ajoute en grosses capitales : « On signale MM. de Polignac, de Latil et Tharin. » On prétendit aussi que le roi fugitif avait emporté les diamants de la couronne ; on a accusé du même méfait le roi Louis-Philippe et l’impératrice Eugénie, ce qui n’empêche pas que l’Assemblée nationale vient de décider (juin 1882) que ces diamants, toujours volés, jamais enlevés, seraient en partie vendus au profit d’une caisse des invalides civils. La calomnie est l’arme favorite, l’épée de chevet des partis ; je n’ai pas connu une faction politique, triomphante ou domptée, qui n’en ait fait abus. Ce n’est pas seulement le peuple, l’ouvrier des faubourgs, La grande populace et la sainte canaille

Detalhes do Produto

    • Ano de Edição: 2016
    • Ano:  2016
    • País de Produção: Canada
    • Código de Barras:  2001044819458
    • ISBN:  1230001323016

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