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AU LARGE DE L’ECUEIL



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Sinopse

Le Laurentic, paquebot d’allure altière, remontait gracieusement le Saint-Laurent. Il creusait, dans le calme de l’eau, une entaille qui s’ouvrait de toute la largeur de son flanc. L’écume ruisselait, et une vague énorme, courant sur la surface troublée dans un lourd sommeil, allait porter aux deux rives la plainte du fleuve blessé. La cloche du quart sonne allègrement l’heure de midi : une escouade nouvelle de marins accourt à la manœuvre. Le soleil de juillet alanguit les passagers ; les uns, accoudés au rebord, les autres, paresseux dans les chaises longues, subissent l’enchantement du paysage canadien. L’île d’Orléans étale à leurs regards la merveille de ses feuillages et de ses grèves. Le phare de Saint-Jean de l’Île dresse une silhouette blanche sur un quai ancien, et on admire les érables, la coquetterie des maisons groupées autour de l’humble église. Le clocher de Saint-Michel, élancé, flamboyant, paraissait répandre des flots de lumière sur le plus charmant des villages, et, un peu plus loin, sur la hauteur, la flèche de Notre-Dame de Lourdes pointait vers le ciel. On apercevait, à l’arrière, la forme bleue, légèrement indécise de la Grosse-Île et celle de l’Île aux Grues, les rochers menaçants des Îlets de Bellechasse, la presqu’île élégante de Saint-Valier, la demeure solitaire tapie dans un nid de verdure de l’Île Madame. Le transatlantique se hâte vers Québec ; les rivages, toujours plus près l’un de l’autre, semblent se diriger vers un rendez-vous. Au loin, quelques voiles attendent la brise. Le pilote songe, avec une étrange volupté, que la machine frémissante est docile à ses ordres. On dirait que le quartier-maître, dont les yeux reflètent l’infini des mers, poursuit un rêve. Seuls témoins du mystère que laissait entrevoir le visage hâlé de l’homme à la roue, deux passagers s’arrêtèrent, un moment, émus, silencieux, fascinés. Ce colosse revivait-il ses naufrages d’autrefois ? Son imagination le transportait peut-être aux terres lointaines. La vision du village natal lui souriait-elle à travers l’espace ? Se souvenait-il de la dernière caresse de son enfant ou de la dernière étreinte de sa femme ? Était-ce un de ces poètes au cœur simple dont la magie de l’heure ensorcelait l’âme ?

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